Les alliances dites « techniques » entre le Parti socialiste et les écologistes avec La France insoumise ont certes permis à la gauche de conserver des villes comme Lyon, Grenoble ou Nantes. Mais elles ont aussi accompagné la perte de bastions historiques tels que Limoges, Brest ou Clermont-Ferrand, accentuant encore les fractures internes du Parti socialiste.

Parallèlement, La France insoumise a réalisé une percée dans plusieurs communes de banlieue où se concentrent à la fois forte précarité sociale et importante population issue de l’immigration, notamment en Seine-Saint-Denis. De nouveaux maires, souvent âgés de moins de quarante ans, tels que B. Bayayoko, I. Boumertit, D. Traoré ou L. Zinciroglu, ont émergé. Originaires de familles venues du Mali, de Mauritanie, de Syrie, de Turquie ou du Pakistan, issus eux-mêmes des quartiers populaires, investis dans le tissu associatif ou sportif local, ils ont su transformer cet ancrage en victoire municipale.

Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise parlent d’une « magnifique percée » et d’un « pari stratégique réussi ». Pourtant, si l’écho politique est réel, il ne constitue pas une victoire électorale d’ensemble. En dehors de ses zones de force, les résultats de LFI ne remettent pas en cause la prééminence des formations traditionnelles de gauche dans la majorité des grandes villes.

Il ne faut d’ailleurs pas oublier que les maires insoumis élus en 2020 à Faches-Thumesnil, au sud de Lille, et à Grabels, dans l’agglomération de Montpellier, ont depuis été battus.

Ce qui frappe, au fond, c’est l’incapacité des partis traditionnels — Parti socialiste, Parti communiste français, mais aussi Les Républicains — à intégrer ces profils nouveaux et à mobiliser durablement l’électorat des quartiers populaires.